Cela fait désormais un an que l’accord entre l’Union européenne et la Turquie sur la relocalisation des migrants est entré en vigueur.

En l’absence de stratégie de relocalisation au sein de l’Union européenne qui fonctionne, un accord a été trouvé pour renvoyer les réfugiés vers la Turquie, considérée ainsi comme étant un pays sûr. Pourtant, de nombreux rapports d’organisations phares en termes de droits humains indiquent que la Turquie n’est pas un pays sûr pour les réfugiés (source : HRW, Amnesty International).
L’accord UE-Turquie a diminué le nombre de traversées via la route de la Méditerranée Orientale, de la Turquie à la Grèce. Toutefois, le nombre de migrants arrivant en Europe via la route dite de Méditerranée Centrale, de l’Afrique du Nord à l’Italie, a augmenté. Cette route est beaucoup plus dangereuse, nous amenant à de nouveaux records de décès en mer chaque année. Ce sont plus de 5000 personnes qui ont perdues leur vie en Méditerranée en 2016, plus que n’importe quelle autre année. Sur les deux premiers mois de 2017, la mortalité était deux fois plus élevée que ces dernières années. La vaste majorité de ces victimes essayaient de rejoindre l’Italie (source : IOM).

Un an plus tard, nous ne pouvons, à regret, qu’observer que l’accord UE-Turquie n’a fait qu’empirer une situation déjà dramatique pour des milliers de personnes déplacées. De plus, cet accord UE-Turquie a des conséquences sur des pays encore moins stables, comme la Lybie et d’autres pays d’Afrique de Nord, menaçant ainsi de voir ces personnes vulnérables bloquées dans des situations inhumaines.

Nous demandons donc:

  1. La mise en place rapide d’une stratégie qui fonctionne pour la relocalisation des réfugiés au sein de l’Union européenne. La taille des quotas doit être basée sur les besoins de protection des demandeurs d’asile.
  2. Un soutien suffisant aux pays d’entrée, en particulier la Grèce et l’Italie, pour assurer des conditions de vie décentes aux réfugiés et les ressources nécessaires pour traiter rapidement les demandes d’asile.
  3. L’abolition de Dublin II et la fin, en général, de la nationalisation des politiques d’asile.
  4. La constitution d’une Agence Européenne d’Asile et de Migrations, responsable de l’examen des demandes d’asile. Cette agence aurait la responsabilité de coordonner les agences nationales en charge de l’asile, d’en améliorer l’efficacité, et de s’assurer du respect des droits des réfugiés en appliquant constamment les normes Européennes,
  5. La création de voies légales de migration dans le but de sauver des vies et de réduire le trafic d’êtres humains par tous les États Membres de l’UE par l’instauration d’un « système de visa humanitaire » autorisant les réfugiés à entrer sur le territoire européen de manière légale, leur permettant ainsi de demander l’asile pour des raisons humanitaires dès leur arrivée. Nous voulons la création d’une politique d’asile commune au niveau européen avec l’adoption de critères communs pour ces visas et la possibilité pour les demandeurs d’asile d’effectuer leur demande à n’importe quel état membre de l’UE dans n’importe quelle ambassade européenne.
  6. La révocation de l’accord UE-Turquie et l’arrêt de tout accord similaire à venir avec des pays tiers, comme la Lybie, tant que les garanties que tous les accords avec ces pays respectent les obligations humanitaires internationales légales des états membres de l’UE. L’UE doit travailler au partage équilibré des coûts pour assurer le contrôle de ses frontières extérieures pour ne forcer aucun pays à en délocaliser la responsabilité à des pays non-membres de l’UE.
  7. L’allocation de ressources suffisantes au Fond Asile et Migration, qui inclura les anciens fonds destinés à l’asile et aux réfugiés dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020 de l’UE. L’Union européenne doit assurer que les priorités des aides et fonds attribués à l’extérieur de ses frontières soient cohérents avec ceux du Fond Asile et Migration.

Signataires:

EFAy – European Free Alliance Youth
European Liberal Youth (LYMEC)
Jeunes Démocrates Européens (YDE)
Young European Socialists
IUSY – International Union of Socialist Youth
Youth of the European Left
IFLRY – International Federation of Liberal Youth
Young European Federalists [JEF]
Federation of Young European Greens – FYEG

Photographie de Elias Markou